
Tokyo, un dimanche matin dans le métro. En dehors du bruit sourd et mécanique de la rame, il faisait aussi calme que dans la salle d’attente d’un médecin. Presque tout le monde était penché sur son téléphone. Plus rarement, l’une ou l’autre personne était plongée dans un livre. Mais aucun regard ne se croisait. Tout semblait très tranquille et serein, et en même temps cela pouvait être angoissant. Peur de déranger, de croiser un regard qui fuyait parce qu’il souhaitait éviter tout contact. Je suis grand ; ma taille me permet de garder la tête au-dessus de la foule et d’avoir une vue d’ensemble. Et dans ce wagon, j’ai été touché par ce contraste. Un simple trajet en métro, et déjà un monde de contradictions.
J’ai savouré ce calme, surtout quand on le compare au bruit que l’on peut trouver en Occident. Pourtant, serré dans cette rame de métro avec des dizaines d’autres personnes, je me suis senti seul. Seul car la vie y était bridée. Les parents chuchotaient aux enfants de ne pas faire de bruit, les gens étaient collés les uns aux autres, mais faisaient tout pour que leurs bulles de vie ne s’entrecroisent pas. Si j’aime la quiétude et que j’apprécie le Japon pour le respect que les gens ont les uns envers les autres, il y a malgré tout une vie étouffée, restreinte. Je suis le premier à me ressourcer dans le calme et la solitude. Et pourtant je me ressource aussi en souriant après avoir croisé le regard de quelqu’un, en entendant les rires d’un enfant, même dans un endroit aussi morne qu’un wagon de métro.
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