Charing Cross

Londres tient une place particulière dans mon cœur. C’est une ville où je me suis toujours senti à ma place. Je me sens en lien avec le côté « British » de la vie, ou du moins la manière dont j’imagine ce que cela peut vouloir dire : avancer la tête haute en marchant, pas en courant ; avoir cette pointe d’humour irrévérencieux et pince-sans-rire ; être digne.

Cette ville est connue pour nombre de ses bâtiments : Big Ben, Tower Bridge, King’s Cross Station, etc. J’en ai d’ailleurs quelques-uns en photo. Ici, c’est Charing Cross Station que j’ai choisi. J’ai pu prendre la photo depuis la London Eye, cette grande roue au bord de la Tamise.
La station de Charing Cross me ramène dans les souvenirs d’un roman de Neil Gaiman que j’ai particulièrement aimé : Neverwhere. Dans ce récit, le personnage principal est plongé dans le « Londres d’en bas », un monde fantastique, un peu noir, où les noms des stations de métro ont des significations beaucoup plus littérales. Charing Cross, dont le nom évoque la courbe de la Tamise, aurait pu avoir sa place dans le livre.

Cette photo, ce n’est pas un monument célèbre, ou un point de vue particulier, mais c’est un passage. Un passage entre deux univers, comme le crépuscule capturé dans ce cliché. Un retour vers ces moments de jeunesse, où je me plongeais tout entier dans les mondes imaginaires. Une époque de ma vie où rêves et réalité partageaient, eux aussi, une frontière poreuse.


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